The Miser’s Ghost, A Winter’s Cautionary Tale from Quebec

My favorite Christmas story is A Christmas Carol, by Charles Dickens. Every year I watch or read some version of this classic tale. Last week, I began wondering if there might be a similarly cherished, yuletide parable from France. I tracked down a dozen acclaimed stories, including two by Molière, but they just didn’t pack the same punch. Then it occurred to me to pilfer the stacks of French Canada and voilà, I struck gold. Le Phantôme de l’Avare, or The Miser’s Ghost, is a wonderful cautionary tale, written by Honoré Beaugrand near the end of the 19th century.

Below you’ll find Beaugrand’s original text alongside my English translation, illustrated with acclaimed portrayals of French Canada.

Vieille maison en hiver
Vieille maison en hiver, by Edmond Dyonnet
Le Fantôme de l’avare
Par Honoré Beaugrand
The Miser’s Ghost
Translation by Carol Seidl
Vous connaissez tous, vieillards et jeunes gens, l’histoire que je vais vous raconter. La morale de ce récit, cependant, ne saurait vous être redite trop souvent, et rappelez-vous que derrière la légende, il y a la leçon terrible d’un Dieu vengeur qui ordonne au riche de faire la charité.

C’était la veille du jour de l’an de grâce 1858. Il faisait un froid sec et mordant.
All of you know, old men and young folk, this story that I’m going to tell. The moral of this recitation, however, cannot be repeated too often, and remember that behind the legend lies a terrible lesson of a vengeful God who commands the rich to be charitable.

It was New Years’ Eve, 1857. A dry and biting cold hung in the air.
La grande route qui longe la rive nord du Saint-Laurent de Montréal à Berthier était couverte d’une épaisse couche de neige, tombée avant la Noël.

Les chemins étaient lisses comme une glace de Venise. Aussi, fallait-il voir si les fils des fermiers à l’aise des paroisses du fleuve se plaisaient à «  pousser  » leurs chevaux fringants, qui passaient comme le vent au son joyeux de clochettes de leurs harnais argentés.
The main route that runs along the northern shore of the St. Lawrence, from Montréal to Berthier, was covered with a thick layer of snow which had fallen before Christmas.

The roads were as smooth as a Venetian mirror. And so, you should have seen the sons of farmers who in their leisure enjoyed driving their festooned horses, that passed like the wind to the joyful sound of silver bells attached to their harnesses.
Je me trouvais en veillée chez le père Joseph Hervieux, que vous connaissez tous. Vous savez aussi que sa maison, qui est bâtie en pierre, est située à mi-chemin entre les églises de Lavaltrie et de Lanoraie. Il y avait fête ce soir-là chez le père Hervieux. Après avoir copieusement soupé, tous les membres de la famille s’étaient rassemblés dans la grande salle de réception.I found myself at a late-night party at Father Joseph Hervieux’s, whom you all know. You also know that his house, which is built of stone, lies halfway between the churches of Lavaltrie and Lanoraie. There was a celebration that night at Father Hervieux’s place. After having dined heartily, all of the family members gathered in the reception hall.
Une veillée d'autrefois
Une veillée d’autrefois, by Edmond Massicotte, 1915
Il est d’usage que chaque famille canadienne donne un festin au dernier jour de chaque année, afin de pouvoir saluer, à minuit, avec toutes les cérémonies voulues, l’arrivée de l’inconnu qui nous apporte à tous une part de joies et de douleurs.It’s customary for each Canadian family to host a feast on the last day of the year, so that we might, at midnight, with much-desired ceremony, greet the arrival of the unknown, which brings us all a share of joy and pain.
Il était dix heures du soir. Les bambins, poussés par le sommeil, se laissaient les uns après les autres rouler sur les robes de buffle qui avaient été étendues autour de l’immense poêle à fourneau de la cuisine.Seuls, les parents et les jeunes gens voulaient tenir tête à l’heure avancée, et se souhaiter mutuellement une bonne et heureuse année, avant de se retirer pour la nuit.It was ten o’clock in the evening. The tots, driven by sleepiness, allowed themselves, one after the next, to roll upon the buffalo skins that had been spread around the immense wood-burning stove in the kitchen. Only the parents and young people cared to battle the advancing hour and wish each other a fine and happy new year before retiring for the night.
Une fillette vive et alerte, qui voyait la conversation languir, se leva tout à coup et allant déposer un baiser respectueux sur le front du grand-père de la famille, vieillard presque centenaire, lui dit d’une voix qu’elle savait irrésistible  :One lively and alert little girl, who saw the conversation languishing, stood up suddenly and placing a respectful kiss on the forehead of the family patriarch, an old man nearly 100-years old, told him with a voice she knew to be irresistible:
– Grand-père, redis-nous, je t’en prie, l’histoire de ta rencontre avec l’esprit de ce pauvre Jean-Pierre Beaudry
– que Dieu ait pitié de son âme – que tu nous racontas l’an dernier, mais ça nous aidera à passer le temps en attendant minuit.

– Oh  ! oui  ! grand-père, l’histoire du jour de l’an, répétèrent en chœur les convives qui étaient presque tous les descendants du vieillard.
“Grandfather, I beg you to tell us again the story of your encounter with the spirit of poor Jean-Pierre Beaudry—may God have pity on his soul—that you told us last year, but that will help us pass the time before midnight.”

“Oh! Yes, grandfather! The story of New Year’s Day,” repeated a chorus of guests, almost all of whom were descendants of the old man.
Vieux paysan canadien-français
Vieux paysan canadien-français, by Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté
– Mes enfants, reprit d’une voix tremblotante l’aïeul aux cheveux blancs, depuis bien longtemps, je vous répète, à la veille de chaque jour de l’an, cette histoire de ma jeunesse. Je suis bien vieux, et peut-être pour la dernière fois vais-je vous la redire ici ce soir. Soyez tout attention, et remarquez surtout le châtiment terrible que Dieu réserve à ceux qui, en ce monde, refusent l’hospitalité au voyageur en détresse.“My children,” replied the white-haired grandfather in a trembling voice, “every New Year’s Eve, for a good long time, I have repeated this story from my youth. I am very old and perhaps this evening will be the last time that I retell it. Pay attention and above all, notice the terrible punishment that God reserves for those in this world who refuse hospitality to the traveler in distress.”
Le vieillard approcha son fauteuil du poêle, et ses enfants ayant fait cercle autour de lui, il s’exprima en ces termes  :The old man approached his armchair near the stove and after his children had made a circle around him, he expressed himself as follows:
Fleur de lis de Québec
Il y a de cela soixante-dix ans aujourd’hui. J’avais vingt ans alors.It was 70 years ago today. I was 20 years old then.
Sur l’ordre de mon père, j’étais parti de grand matin pour Montréal, afin d’aller y acheter divers objets pour la famille ; entre autres, une magnifique dame-jeanne de jamaïque, qui nous était absolument nécessaire pour traiter dignement les amis à l’occasion du nouvel an. À trois heures de l’après-midi, j’avais fini mes achats, et je me préparais à reprendre la route de Lanoraie. Mon berlot était assez bien rempli, et comme je voulais être de retour chez nous avant neuf heures, je fouettai vivement mon cheval qui partit au grand trop. À cinq heures et demie, j’étais à la traverse du bout de l’île, et j’avais jusqu’alors fait bonne route. Mais le ciel s’était couvert peu à peu et tout faisait présager une forte bordée de neige. Je m’engageai sur la traverse, et avant que j’eusse atteint Repentigny, il neigeait à plein temps.Upon the order of my father, I left early one morning for Montréal in order to buy various items for the family; among them, a magnificent demijohn from Jamaica, which we absolutely needed for treating our friends honorably on the occasion of New Year’s Eve. At 3 o’clock in the afternoon, I had finished my purchases and was preparing to take the route to Lanoraie. My sled was well loaded and as I wanted to be home before 9 o’clock, I vigorously whipped my horse who departed in haste. At 5:30, having made good time, I had reached the end of the Island of Montréal. But the sky was, little by little, clouding over and all served to presage a strong torrent of snow. I undertook the crossing but before I had reached Repentigny, it was snowing nonstop.
J’ai vu de fortes tempêtes de neige durant ma vie, mais je ne m’en rappelle aucune qui fût aussi terrible que celle-là. Je ne voyais ni ciel ni terre, et à peine pouvais-je suivre le «  chemin du roi  » devant moi, les «  balises  » n’ayant pas encore été posées, comme l’hiver n’était pas avancé.I have seen some heavy snowstorms in my life, but I don’t recall any that were as terrible as that one. I saw neither earth nor sky, and could barely follow the “king’s highway” in front of me, along which beacons had not yet been placed as it was still early winter.
Run off the Road in a Blizzard
Run off the Road in a Blizzard, by Cornelius Krieghoff
Je passai l’église Saint-Sulpice à la brunante ; mais bientôt, une obscurité profonde et une «  poudrerie  » qui me fouettait la figure m’empêchèrent complètement d’avancer. Je n’étais pas bien certain de la localité où je me trouvais, mais je croyais alors être dans les environs de la ferme du père Robillard. Je ne crus pouvoir faire mieux que d’attacher mon cheval à un pieu de la clôture du chemin, et de me diriger à l’aventure à la recherche d’une maison pour y demander l’hospitalité en attendant que la tempête fût apaisée.I passed the church of Saint-Sulpice at twilight; but soon, a deep darkness and a blowing snow which whipped my face completely prevented me from advancing. I was not quite sure of the locality in which I found myself, but I believed that I was in the vicinity of Father Robillard’s farm. I thought that the best thing I could do was to tie my horse to a stake at the end of the road and head out in search of a house in which I might take refuge while waiting for the storm to die down.
J’errai pendant quelques minutes et je désespérais de réussir, quand j’aperçus, sur la gauche de la grande route, une masure à demi ensevelie dans la neige et que je ne me rappelais pas avoir encore vue. Je me dirigeai en me frayant avec peine un passage dans les bancs de neige vers cette maison que je crus tout d’abord abandonnée. Je me trompais cependant ; la porte en était fermée, mais je pus apercevoir par la fenêtre la lueur rougeâtre d’un bon feu de «  bois franc  » qui brûlait dans l’âtre. Je frappai et j’entendis aussitôt les pas d’une personne qui s’avançait pour m’ouvrir. Au «  qui est là  ?  » traditionnel, je répondis en grelottant que j’avais perdu ma route, et j’eus le plaisir immédiat d’entendre mon interlocuteur lever le loquet. Il n’ouvrit la porte qu’à moitié, pour empêcher autant que possible le froid de pénétrer dans l’intérieur, et j’entrai en secouant mes vêtements qui étaient couverts d’une couche épaisse de neige.I wandered for several minutes and was becoming disheartened when I noticed, on the left side of the great road, a shack half-buried in snow that I didn’t recall having seen before. I made my way with difficulty, cutting a path through the snowbanks toward the house, which I initially thought abandoned. I was wrong, however; the door was closed but through the window, I could see the reddish glow of a good hardwood fire burning in the hearth. I knocked and immediately heard the footsteps of someone who was coming to open the door. Upon hearing the traditional “who’s there?”, I replied shivering that I had lost my way. I had the immediate pleasure of hearing my questioner raise the latch. He only half-opened the door, in order to prevent as much cold as possible from penetrating the interior, and I entered shaking my clothes, which were covered with a thick layer of snow.
– Soyez le bienvenu, me dit l’hôte de la masure en me tendant une main qui me parut brûlante, et en m’aidant à me débarrasser de ma ceinture fléchée et de mon capot d’étoffe du pays. Je lui expliquai en peu de mots la cause de ma visite, et après l’avoir remercié de son accueil bienveillant, et après avoir accepté un verre d’eau-de-vie qui me réconforta, je pris place sur une chaise boiteuse qu’il m’indiqua de la main au coin du foyer. Il sortit, en me disant qu’il allait sur la route quérir mon cheval et ma voiture, pour les mettre sous une remise, à l’abri de la tempête.
“Welcome,” said the host of the farmstead, holding out a hand, that to me felt burning hot, and helping me remove my arrowhead sash and my hood of Canadian cloth. I explained in a few words the cause of my visit, and after thanking him for his kind welcome, and after accepting a comforting glass of brandy, I took a seat on a rickety chair at the corner of the hearth which he pointed to with his hand. He went outside, telling me that he was going to the road to fetch my horse and sled to put them under a shelter where they would be shielded from the storm.
Snow
Snow, by Maurice Cullen
Je ne pus m’empêcher de jeter un regard curieux sur l’ameublement original de la pièce où je me trouvais. Dans un coin, un misérable banc-lit sur lequel était étendue une peau de buffle devait servir de couche au grand vieillard aux épaules voûtées qui m’avait ouvert la porte. Un ancien fusil, datant probablement de la domination française, était accroché aux soliveaux en bois brut qui soutenaient le toit en chaume de la maison. Plusieurs têtes de chevreuils, d’ours et d’orignaux étaient suspendues comme trophées de chasse aux murailles blanchies à la chaux. Près du foyer, une bûche de chêne solitaire semblait être le seul siège vacant que le maître de céans eût à offrir au voyageur qui, par hasard, frappait à sa porte pour lui demander l’hospitalité.I couldn’t help but take a curious glance at the unusual furnishings of the room in which I found myself. In a corner, a miserable bench, on which was stretched a buffalo skin, served as a bed for the tall old man with hunched shoulders who had opened his door to me. An ancient musket, probably dating from the days of French rule, hung from the raw wooden joists that supported the homestead’s thatched roof. Several heads of deer, bear, and moose were suspended like hunting trophies on whitewashed walls. Close to the fireplace, a lonely oak log seemed to be the only vacant seat that the master of the domain had to offer to the traveler who might, by chance, knock on his door requesting hospitality.
Je me demandai quel pouvait être l’individu qui vivait ainsi en sauvage en pleine paroisse de Saint-Sulpice, sans que j’en eusse jamais entendu parler  ? Je me torturai en vain la tête, moi qui connaissais tout le monde, depuis Lanoraie jusqu’à Montréal, mais je n’y voyais goutte. Sur ces entrefaites, mon hôte rentra et vint, sans dire mot, prendre place vis-à-vis de moi, à l’autre coin de l’âtre.I wondered who this individual could be, who lived thusly in the wild middle of the parish of Saint-Sulpice, without my ever having heard of him. I wracked my head in vain, me who knew everyone from Lamoraie to Montréal, but I couldn’t come up with a thing. In the meantime, my host returned and, without saying a word, took a seat facing me at the other corner of the hearth.
– Grand merci de vos bons soins, lui dis-je, mais voudriez-vous bien m’apprendre à qui je dois une hospitalité aussi franche. Moi qui connais la paroisse de Saint-Sulpice comme mon Pater, j’ignorais jusqu’aujourd’hui qu’il y eût une maison située à l’endroit qu’occupe la vôtre, et votre figure m’est inconnue.“Thank you kindly for your good care,” I said, “but would you please inform me to whom I owe such sincere hospitality. I, who know the parish of Saint-Sulpice like my Lord’s Prayer—I did not know until today that there was a house here where yours lies, and your face is unknown to me.”
En disant ces mots, je le regardai en face, et j’observai pour la première fois les rayons étranges que produisaient les yeux de mon hôte ; on aurait dit les yeux d’un chat sauvage. Je reculai instinctivement mon siège en arrière, sous le regard pénétrant du vieillard qui me regardait en face, mais qui ne me répondait pas.
Le silence devenait fatigant, et mon hôte me fixait toujours de ses yeux brillants comme les tisons du foyer.
Je commençais à avoir peur.
In speaking these words, I looked directly at him and observed for the first time the strange rays produced by my host’s eyes; one would have said the eyes of a wildcat. I instinctively pulled back my seat, under the penetrating gaze of the old man, who looked me in the eyes but did not answer me. The silence became wearying and my host continued to stare at me, his eyes shining like the embers of the fire. I started to feel frightened.
A Simple Supper
A Simple Supper, by Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté
Rassemblant tout mon courage, je lui demandai de nouveau son nom. Cette fois, ma question eut pour effet de lui faire quitter son siège. Il s’approcha de moi à pas lents, et posant sa main osseuse sur mon épaule tremblante, il me dit d’une voix triste comme le vent qui gémissait dans la cheminée  :Gathering all of my courage, I again asked for his name. This time, my question prompted him to leave his seat. He slowly approached me, and placing his bony hand on my trembling shoulder, he said in a sorrowful voice like the wind that was whining in the fireplace:
«  Jeune homme, tu n’as pas encore vingt ans, et tu demandes comment il se fait que tu ne connaisses pas Jean-Pierre Beaudry, jadis le richard du village. Je vais te le dire, car ta visite ce soir me sauve des flammes du purgatoire où je brûle depuis cinquante ans, sans avoir jamais pu jusqu’aujourd’hui remplir la pénitence que Dieu m’avait imposée. Je suis celui qui jadis, par un temps comme celui-ci, avait refusé d’ouvrir sa porte à un voyageur épuisé par le froid, la faim et la fatigue.  »“Young man, you are not yet 20 years old and you ask how it is that you do not know Jean-Pierre Beaudry, formerly the village richling. I’ll tell you, because your visit this evening saves me from the flames of purgatory where I have burned for 50 years, without ever having been able to fulfill the penance that God has imposed on me until today. I am he who once, on a day much like today, refused to open his door to a traveler exhausted by cold, hunger, and fatigue.”
Mes cheveux se hérissaient, mes genoux s’entrechoquaient, et je tremblais comme la feuille du peuplier pendant les fortes brises du nord. Mais, le vieillard, sans faire attention à ma frayeur, continuait toujours d’une voix lente  :My hair stood on end, my knees knocked, and I trembled like the poplar leaf in a strong northern breeze. But the old man, without paying attention to my fright, continued in a slow voice:
«  Il y a de cela cinquante ans. C’était bien avant que l’Anglais eût jamais foulé le sol de ta paroisse natale. J’étais  riche, bien riche, et je demeurais alors dans la maison où je te reçois, ici, ce soir. C’était la veille du jour de l’an, comme aujourd’hui, et seul près de mon foyer, je jouissais du bien-être d’un abri contre la tempête et d’un bon feu qui me protégeait contre le froid qui faisait craquer les pierres des murs de ma maison. On frappa à ma porte, mais j’hésitais à ouvrir. Je craignais que ce ne fût quelque voleur qui, sachant mes richesses, ne vint pour me piller, et qui sait, peut-être m’assassiner.
“Fifty years have passed since then. It was long before the Englishman ever trampled the soil of your home parish. I was rich, very rich, and I was living in the house in which I have received you this evening. It was New Years’ Eve, like today, and alone in my home, I enjoyed the comfort of a shelter from the storm and a good fire which protected me from the cold that caused stones in my house walls to crack. There was a knock on my door, but I hesitated to open it. I feared that it was some thief who, knowing my wealth, had come to rob me, and who knows, perhaps murder me.
Snowshoeing Home in a Blizzard
Snowshoeing Home in a Blizzard, by Cornelius Krieghoff
«  Je fis la sourde oreille et, après quelques instants, les coups cessèrent. Je m’endormis bientôt, pour ne me réveiller que le lendemain au grand jour, au bruit infernal que faisaient deux jeunes hommes du voisinage qui ébranlaient ma porte à grands coups de pied. Je me levai à la hâte pour aller les châtier de leur impudence, quand j’aperçus, en ouvrant la porte, le corps inanimé d’un jeune homme qui était mort de froid et de misère sur le seuil de ma maison. J’avais, par amour pour mon or, laissé mourir un homme qui frappait à ma porte, et j’étais presque un assassin. Je devins fou de douleur et de repentir.“I turned a deaf ear and, after a few moments, the knocking stopped. I soon fell asleep, only to wake the next day in broad daylight to the hellish noise made by two young men from the neighborhood who shook my door with great kicks. I rose hastily to chastise them for their impudence, when, in opening the door, I saw the lifeless body of a young man who had died of cold and misery on the threshold of my house. I had, out of love for my gold, left a man knocking on my door to die, and I was practically a murderer. I became mad with pain and repentance.
«  Après avoir fait chanter un service solennel pour le repos de l’âme du malheureux, je divisai ma fortune entre les pauvres des environs, en priant Dieu d’accepter ce sacrifice en expiation du crime que j’avais commis. Deux ans plus tard, je fus brûlé vif dans ma maison et je dus aller rendre compte à mon Créateur de ma conduite sur cette terre que j’avais quittée d’une manière si tragique. Je ne fus pas trouvé digne du bonheur des élus et je fus condamné à revenir à la veille de chaque nouveau jour de l’an, attendre ici qu’un voyageur vînt frapper à ma porte, afin que je pusse lui donner cette hospitalité que j’avais refusée de mon vivant à l’un de mes semblables.“After having sung a solemn service of peaceful rest for the soul of the unfortunate, I divided my fortune among the poor in the area, praying to God to accept this sacrifice in expiation for the crime that I had committed. Two years later, I was burned alive in my house and I had to report to my Creator about my conduct on this earth that I had left in such a tragic manner. I was not found worthy of the happiness of God’s elect and was condemned to return every New Year’s Eve, to wait here for a traveler to come knocking at my door, so that I might give him that hospitality which I had refused one of my fellow men during my lifetime.
«  Pendant cinquante hivers, je suis venu, par l’ordre de Dieu, passer ici la nuit du dernier jour de chaque année, sans que jamais un voyageur dans la détresse ne vînt frapper à ma porte. Vous êtes enfin venu ce soir, et Dieu m’a pardonné. Soyez à jamais béni d’avoir été la cause de ma délivrance des flammes du purgatoire, et croyez que, quoi qu’il vous arrive ici-bas, je prierai Dieu pour vous là-haut.  »“For 50 winters, I have come, on God’s orders, to spend the night of the last day of each year here, without a traveler in distress ever knocking on my door. You finally came tonight, and God forgave me. Be forever blessed to have been the cause of my deliverance from the flames of purgatory, and believe that whatever happens to you here below, I will pray to God for you above.”
Le revenant, car c’en était un, parlait encore quand, succombant aux émotions terribles de frayeur et d’étonnement qui m’agitaient, je perdis connaissance…

Je me réveillai dans mon «  brelot  », sur le chemin du roi, vis-à-vis l’église de Lavaltrie.
La tempête s’était apaisée et j’avais sans doute, sous la direction de mon hôte de l’autre monde, repris la route de Lanoraie.
Je tremblais encore de frayeur quand j’arrivai ici à une heure du matin, et que je racontai, aux convives assemblés, la terrible aventure qui m’était arrivée.
The spirit, for that’s what he was, was still speaking when, succumbing to the terrible emotions of fear and astonishment that shook me, I lost consciousness…

I woke in my sled, on the king’s road, across from the church of Lavaltrie. The storm had subsided and I had undoubtedly, under the guidance of my other-worldly host, resumed my route from Lanoraie. I was still trembling with fright when I arrived here at 1 o’clock in the morning and told the assembled guests about the terrible adventure that had befallen me.
Les Visites du jour de l'An
Les Visites du jour de l’An, by Edmond-Joseph Massicotte
Mon défunt père, – que Dieu ait pitié de son âme – nous fit mettre à genoux, et nous récitâmes le rosaire, en reconnaissance de la protection spéciale dont j’avais été trouvé digne, pour faire sortir ainsi des souffrances du purgatoire une âme en peine qui attendait depuis si longtemps sa délivrance. Depuis cette époque, jamais nous n’avons manqué, mes enfants, de réciter à chaque anniversaire de ma mémorable aventure, un chapelet en l’honneur de la Vierge Marie, pour le repos des âmes des pauvres voyageurs qui sont exposés au froid et à la tempête.My late father—may God have mercy on his soul— directed us to kneel, and we recited the rosary in recognition of the special protection of which I had been found worthy, to bring a soul in purgatory the deliverance for which it had waited so long. Since that time, my children, never have we failed, on each anniversary of my memorable adventure, to recite the rosary in honor of the Virgin Mary, for the repose of the souls of poor travelers who are exposed to the cold and storm.
Quelques jours plus tard, en visitant Saint-Sulpice, j’eus l’occasion de raconter mon histoire au curé de cette paroisse. J’appris de lui que les registres de son église faisaient en effet mention de la mort tragique d’un nommé Jean-Pierre Beaudry, dont les propriétés étaient alors situées où demeure maintenant le petit Pierre Sansregret. Quelques esprits forts ont prétendu que j’avais rêvé sur la route. Mais où avais-je donc appris les faits et les noms qui se rattachaient à l’incendie de la ferme du défunt Beaudry, dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler. M. le curé de Lanoraie, à qui je confiai l’affaire, ne voulut rien en dire, si ce n’est que le doigt de Dieu était en toutes choses et que nous devions bénir son saint nom.A few days later, while visiting Saint-Sulpice, I had the opportunity to tell my story to the parish priest. He informed me that the registers of his church did indeed mention the tragic death of a man named Jean-Pierre Beaudry, whose properties were then located where little Pierre Sansregret now lives. A few headstrong individuals have claimed that I dreamed on the road. But where did I learn the facts and the names associated with the fire at the late Beaudry’s farm, about which I had never heard before? The father of Lanoraie, to whom I confided, would say nothing about the matter other than that the finger of God lies in all things and that we should bless His holy name.
Notre-Dame protégeant Québec
Notre-Dame protégeant Québec, by Jean Paul Lemieux
Fleur de lis de Québec
Le maître d’école avait cessé de parler depuis quelques moments, et personne n’avait osé rompre le silence religieux avec lequel on avait écouté le récit de cette étrange histoire. Les jeunes filles émues et craintives se regardaient timidement sans oser faire un mouvement, et les hommes restaient pensifs en réfléchissant à ce qu’il y avait d’extraordinaire et de merveilleux dans cette apparition surnaturelle du vieil avare, cinquante ans après son trépas.The schoolmaster had stopped speaking for a few moments, and no one dared break the sacred silence with which they had listened to his peculiar story. The troubled and fearful young girls looked timidly at each other without daring to make a move, and the men remained thoughtful while reflecting on all that was extraordinary and marvelous about this supernatural appearance of the old miser, 50 years after his trespass.
Le père Montépel fit enfin trêve à cette position gênante en offrant à ses hôtes une dernière rasade de bonne eau-de-vie de la Jamaïque, en l’honneur du retour heureux des voyageurs. On but cependant cette dernière santé avec moins d’entrain que les autres, car l’histoire du maître d’école avait touché la corde sensible dans le cœur du paysan franco-canadien  : la croyance à tout ce qui touche aux histoires surnaturelles et aux revenants.Father Montépel finally brought a close to this awkward situation by offering his hosts one last glass of good Jamaican brandy, in the name of the safe return of happy travelers. However, we drank this last toast with less enthusiasm than the others, because the schoolmaster’s story had struck a chord within our French-Canadian hearts: the belief in all who encounter the supernatural and its spirits.
Après avoir salué cordialement le maître et la maîtresse de céans et s’être redit mutuellement de sympathiques bonsoirs, garçons et filles reprirent le chemin du logis. Et en parcourant la grande route qui longe la rive du fleuve, les fillettes serraient en tremblotant le bras de leurs cavaliers, en entrevoyant se balancer dans l’obscurité la tête des vieux peupliers ; et en entendant le bruissement des feuilles, elles pensaient encore malgré les doux propos de leurs amoureux, à la légende du «  Fantôme de l’avare  ».After cordially recognizing the master and mistress of the festivities and mutually exchanging friendly goodnights, the boys and girls returned to their homes. Taking the great road that borders the banks of the river, the young girls shivered while clinging to the arms of their mounted escorts and glimpsing at the treetops of old poplars swaying in the dark; and upon hearing the rustling of leaves, they thought once more, despite the gentle words of their lovers, of the legend of “The Miser’s Ghost”.
Le vieux puits
Le vieux puits, by Marc-Aurèle Fortin

About the Author

Honoré Beaugrand
Honoré Beaugrand, 1894

Honoré Beaugrand was born in 1848 in Saint-Joseph-de-Lanoraie, Quebec, a small parish situated along the Saint Lawrence River between Montréal and Trois-Rivières. At the age of 17, he left Canada for Mexico where he joined a French battalion fighting for the ill-fated Mexican emperor. When the war ended, he traveled to France, then moved to New Orleans where he took up journalism. After a decade of working for newspapers in the United States, Beaugrand returned to Canada. Over the course of his life, he founded a handful of successful journals and became a wealthy man.

A free-thinking Republican, Beaugrand involved himself in the political issues of his day and served as mayor of Montréal in the mid-1880s. Interestingly, one of the issues about which he felt strongly was mandatory vaccination for smallpox. His heightened interest in public health may have been due to his own weakened constitution. Beaugrand suffered from asthma throughout his life and retreated from politics in his early 40s. He spent his final years traveling the world and writing, dying in 1906 at the age of 58.

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About Carol A. Seidl

Serial software entrepreneur, writer, translator, and mother of 3. Avid follower of French media, culture, history, and language. Lover of books, travel, history, art, cooking, fitness, and nature. Cultivating connections with francophiles and francophones.

12 Comments

  1. Hi Carole. When I saw your tags of ghosts and legends and New Year’s Eve, I knew I needed to visit. 🙂 I loved this story. I love the artwork that you chose to accompany it, and the fact that you translated it. The story is so rich with atmosphere, and a good moral ending, Thank you so much for all your research to find a Dickens-type tale. It was a wonderful read. And an early happy new year to you!

  2. Thank you for bringing us this powerful story, in a riveting translation.

    In a way it’s a reversal of “A Christmas Carol” in that the living man brings redemption to the ghost rather than the other way round. Although the narrator’s life was saved by finding a refuge, it was actually Beaudry’s ghost who needed his help even more than vice-versa. But as you say, it’s the same principle at work.

    Is hospitality to travelers considered an especially important virtue in Québec? That tends to be the case in societies where the physical environment is very harsh (Arabia is the textbook example). I never thought of Québec that way, but I didn’t know the winters were that bad.

    It’s sad that Beaugrand died at only 58. People often died young in those days. Writers tend to improve steadily with age, even to an advanced age; it’s too bad we’ll never know the further tales he would have given us.

    • Great observation about this story being a reversal of A Christmas Carol. I don’t know about other pioneers in North America but it makes sense that they would tend to welcome a random traveler since they were all relatively recent settlers and probably felt vulnerable on a regular basis. They would have identified with their fellow man’s plight. I doubt if this custom extended to Native Americans. And yes, winters in Montreal are pretty harsh. I consider them to be considerably colder than where I live in SE Michigan.

      Beaugrand’s early death is indeed sad. He was a decent writer but isn’t considered to be particularly imaginative or as eloquent as many. This story was based on an existing folktale. Your ability to think beyond what’s on the page Infidel, never ceases to impress me. Had Beaugrand lived a longer life, he might well have improved and become more internationally known.

      Best wishes for a joyful year’s end!

  3. I have visited homes where a bench was kept for the poor. I have also known people who a left a place at table for the poor. Sir Ernest MacMillan composed “Notre-Seigneur en pauvre.” Germaine Guèvremont wrote “Le Survenant.” There seems to be an “étranger” in the mind of Québécois. He may be an invader (Menaud, maître-draveur), or the unknown,but also another self. In “Les Anciens Canadiens,” le bon gentilhomme loses everything and then chooses to live in poverty. I thank you for a fine article.

    • Thanks for your visit Micheline. It’s great to hear the perspective of a true native. Even if never used, designating a seat in one’s home for a wayward stranger would have the added benefit of reminding us of our good fortune and perhaps reduce our indifference to others. A worthy tradition. Bonne fin d’année!

  4. Nice! I basically don’t know Canadian authors, beside Louise Penny. Thanks for introducing this author to me et Joyeux Noël !

  5. Remarquable historire. D’un illustre inconnu. Mais une belle histoire. Merci. Et bonne année.

  6. What a grand tale! Loved all the pictures, too!

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